7  posté le mardi 03 juin 2008 21:47

Je me redresse dans un mouvement vif et paniqué, ouvrant les yeux en même temps. Mon cœur s’accélère, je ne comprends plus rien. Je panique. Tout est blanc autour de moi. Je ne suis plus dans la salle de bain. Je suis dans un lit, un lit que je ne connais pas. Je n’ai jamais vu cet endroit, je ne l’ai jamais visité. Où suis-je bordel ?

JE VEUX SORTIR !

Mes jambes réagissent au quart de tour, et je bondis hors du lit. Des câbles sont reliés à ma poitrine, à mes bras et à mon front. Je les arrache avec violence. Leur contact m’insupporte, pourtant je le découvre à la seconde même. J’entends des pas précipités dans les couloirs, ainsi que des gens parler vivement entre eux. Ils arrivent de tous côtés, ils se rapprochent, ils m’oppressent.

LAISSEZ-MOI SORTIR !

J’ai besoin d’air, vite. Ma respiration est saccadée par la panique et la peur évidente qui m’animent. Oui, la peur. Je perçois ce qui m’entoure différemment. Les sons me paraissent plus puissants, les odeurs plus fortes, la vue presque aveuglante et le toucher beaucoup plus présent. Je sens mon corps se mouvoir comme jamais je ne l’avais senti. C’est comme si… J’étais dans un autre Monde. Un Monde où je me sens réelle et où les sentiments me déchirent et me tuent. Je vis. Je vis et je suis terrifiée.

Je dois fuir. Ils ne sont pas de mon côté. Je DOIS fuir !

Je m’approche d’une porte, étant je l’espère une sortie. Un homme vêtu de blanc l’ouvre de l’extérieur avant moi. Je me retrouve paralysée face à lui. Il s’approche lentement de moi, les mains en avant, à la manière dont on apprivoise une bête sauvage. Je crie et le repousse avec tous les coups dont je suis capable, à la manière dont la bête sauvage riposte.

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8  posté le mercredi 04 juin 2008 16:10

Je me mets à courir. Je cours, je cours et je cours encore, à travers les couloirs blancs. Et puis je frappe. Tout ceux qui se mettent sur mon passage ont le malheur de goûter à mes poings, animés par je ne sais quelle force inconnue et que je ne contrôle absolument pas. Ces hommes ne me veulent rien de bon. Ces hommes veulent me retenir ici. Je dois les fuir, vite. Vite car bientôt, je ne respirerai plus.

LAISSEZ-MOI SORTIR !

- Rattrapez-la !

- Vous ! Dites aux gardes de bloquer les issues ! Hurle un homme qui semble se détacher des autres par son rang.

- Ils... Ils ne répondent pas, Monsieur.

- Vous vous foutez de moi ? Donnez-moi ça, abruti !

L'homme à la chemise grise et au visage encadré par des cheveux fins et blonds s'empare alors du Talkie-Walkie de son subalterne, pour beugler ses ordres à l'intérieur.

- Mais qu'est-ce que vous foutez ? Vous m'entendez ?! Bloquez-moi ces putains de sorties immédiatement !

Ce n’est cependant pas la réponse qu’il attend qui vient s’offrir à lui. Une voix masculine, calme et grave s’élève alors à travers l’appareil.

- Un peu sur les nerfs on dirait, Professeur. Il est trop tard à présent, vous savez... Bien trop tard. Quelle coïncidence que l'on attaque le centre le jour exact de son réveil, n'est-ce pas ?

- Qui êtes-vous ? Répond l'homme en serrant les dents, bien qu'il ait une malheureuse idée de la réponse.

Un rire moqueur se fait entendre, avant que la voix ne réponde sur le même ton.

- Allons, allons cher Professeur, vous le savez parfaitement.

La communication est coupée ensuite, et le Professeur, pris de rage, jette l’appareil violemment contre le mur.

Je cours encore. Une issue. N’importe laquelle ! N’IMPORTE LAQUELLE ! On m’attrape le bras pour me retenir. Je me retourne et mords férocement le poignet de celui qui me tient, et qui ne tarde pas à lâcher. Je n’ai même pas eu le temps de voir son visage. Je fuis à toute vitesse. Je suis le félin paniqué et prisonnier d’une cage aux murs à la blancheur aveuglante, qui animé par son seul instinct de survie, cherche désespérément une issue.

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9  posté le mercredi 04 juin 2008 16:17

Une porte ! Je vois une porte ! Je la pousse vivement et me retrouve à l’extérieur. Le ciel est sombre, je suis plongée dans une nuit profonde. Je suis essoufflée et continue de courir. Mais quelqu’un m’arrête à nouveau dans ma course. Je me retourne pour me libérer de son emprise. Mais à nouveau le temps semble ralentir, pour se figer totalement ensuite. Je me sens vaciller, pourtant je ne bouge pas. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien. Laissez-moi, s’il vous plaît, laissez-moi… Je n’ai que le temps d’apercevoir des yeux pâles par leur couleur, mais sombres par la tristesse de leur regard. Un regard perçant et envoûtant, qui me transperce l’âme. Une aiguille vient se planter dans la chair de mon cou, et je sens le liquide destiné à m’endormir pour les prochaines heures se verser dans mes veines. Je tombe dans les bras de l’inconnu. Mes dernières forces me permettent de détailler sa tenue, malgré l’obscurité de la nuit. Elle est sombre. Elle n’est pas pareille à celles que portent les hommes qui veulent m’arrêter. Cela m’apaise quelque peu, mais je ne fais pas confiance à cet homme qui m’empêche de tomber pour autant. Il me tient fermement les poignets, car je résiste encore. Ma vue se trouble. Je ne dois pas sombrer, pas maintenant. Ses yeux me fixent avec un calme et une froideur sans pareils. Je comprends que face à lui, j’ai perdu d’avance. Ma gorge se serre, mais j’essaie toujours de me détacher de lui, même si ce n’est que grâce à l’emprise qu’il a sur moi que je tiens encore sur mes faibles jambes. Il se penche à mon oreille, ce qui me paralyse pour de bon, et murmure…

- Bienvenue dans ton Monde, Hallys.

Une voix calme et grave. Une voix qui s’accorde parfaitement avec sa présence et chaque détail de sa personne. Mes forces m’abandonnent, je m’écroule sur lui et il me porte à présent dans ses bras. Mon regard perdu se pose au hasard sur un autre homme que je n’avais pas remarqué jusque là. Il est sombre, lui aussi, mais me donne une impression totalement différente. Nos regards se croisent. J’ai peur de ce que je vois dans le sien. L’homme qui me porte passe une main sur mes yeux pour me forcer à les fermer…Tandis que la dernière image que je perçois est un liquide rouge, perlant au coin des lèvres du deuxième homme.

Du sang.

Ils ne répondront plus.

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10  posté le dimanche 08 juin 2008 21:49

Narwen

A en juger la tronche qu’il m’a tiré quand ils sont rentrés de leur petite "virée en ville", je vais m’en prendre plein la gueule d’ici peu. Ca commence même à faire un peu long. C’est qu’il se relâche, le vilain petit cadet. A moins que, justement, son cher frère aîné lui fasse passer un véritable interrogatoire sur ce qu’il s’est exactement passé là-bas…

En tout cas, je vais prendre cher. J’ai dû merder quelque part, je l’ai jamais vu aussi pâle… Et pourtant, la peau blanche, ça fait partie de notre quotidien. Il y en a une qui va devoir s’y habituer, d’ailleurs… Il n’avait pas menti, ce con, je dois le reconnaître, elle est sacrément bien roulée… Pour une humaine. Tant mieux pour eux, parce qu’au niveau "femelle" on n’est pas vraiment au point. Pauvre Nisaya, v’là qu’elle a une concurrente, maintenant. Bon d’accord, je m’oublie un peu dans tout ça, mais on ne peut pas dire que je sois un superbe exemple de féminité non plus.

Tiens ! L’asticot qui rapplique. Et comme d’habitude, aussitôt qu’il voit l’un d’entre nous, il s’éloigne. Pauvre Noah, ça se lit même sur ta gueule que t’en peux plus. Je te plains. Honnêtement. Sans doute parce que j’ai réalisé quand le grand manitou a commencé avec son délire de réveil et de vengeance, que t’avais pas fini d’en baver. Ta sacrée gueule qui crie ta douleur… Ca fait combien de temps que t’as parlé à personne, Noah ? Je veux dire, parlé pour de vrai ? Peut-être que je me trompe, après tout. Peut-être que ton air « vous faites tous chier » est parfaitement naturel, que tu es heureux comme un porc et peut-être même que t’as fait copain-copine avec Neven, Nisaya, Nadysen et Nael, allez, soyons fous ! Mais putain, j’en doute fort. Arrêtes de me regarder comme ça, Noah, je te dévisage si je veux.

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11  posté le dimanche 08 juin 2008 22:05

Merde, dans tout ça j’avais oublié que mon heure allait bientôt sonner. Tu fais chier, novice à la con. J’ai même pas entendu Neven descendre les escaliers pour se pointer devant moi, dans tout ça. V’là qu’il me dévisage avec son air de connard en manque et sur les nerfs.

- Effet immédiat, hein ? Qu’il commence.

Je commence à comprendre quel est la source de son énervement, qu’il n’a pas manqué de faire passer dans sa voix, d’ailleurs.

- Ca va Neven, pour quelques secondes à peine, tu ne vas pas en faire tout un plat.

- Et si ces quelques secondes leur avaient suffit à tout faire foirer, hein ? Ta petite tête rousse n’y a pas pensé, peut-être ?

- Tu fais chier, je réponds aussitôt. Et peu m’importe que Monsieur soit le frère de l’héritier, je lui dis ce que je pense, comme aux autres. Vous vous en êtes sortis, non ? Vous l’avez bien ramenée entière, non ? Alors il est où le problème ? Tu vas quand même pas péter un câble pour un « et si » ?

Mon souci, c’est que je dis peut-être un peu trop ce que je pense, et que ça va finir par me jouer des tours. Je sais que Neven ne dira rien et qu’il sait parfaitement que j’ai raison, donc pour cette fois, ça va. C’est plutôt Nael qui m’inquiète. Si je lui réponds comme ça un jour, je peux faire mes prières. Ce connard prétentieux se croit tout permis. J’en suis même à regretter la politique que menaient leurs parents, c’est pour dire ! Moi qui suis plutôt explosive, c’est évident que la méthode pacifique commençait sérieusement à me taper sur le système, mais Nael va trop loin. Non, il est déjà trop loin depuis un bon moment… Mais il faut croire que personne ne le remarque. Ou que personne n’a assez de couilles pour l’arrêter, son cher cadet le premier, et moi comprise, même si cet organe ne fait de toute façon pas partie de mon anatomie.

- Non, c’est toi qui fais chier, ‘Rwen. Ne me dis pas que l’effet est instantané s’il ne l’est pas, point barre. Si je ne n’avais pas pensé à la retenir, elle aurait pu se barrer en courant pendant suffisamment longtemps pour qu’on se fasse avoir par les autres guignols, et elle serait peut-être même plus là à cette heure-ci… Je hais tes poisons à la con, finit-il enfin par lâcher.

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