16  posté le jeudi 12 juin 2008 11:51

 

Drake

Je porte mon costume gris et ma chemise blanche. Je suis pile à l’heure, et tous ceux que je croise me font un sourire aimable. J’emprunte le couloir de la Compagnie, celui qui me dirige vers mon bureau en me faisant passer d’abord devant ceux de mes secrétaires et assistantes. Elles ne manquent pas de détailler ma tenue, de me dévisager avec leurs airs de pucelles effarouchées.

- Bonjour Mesdemoiselles, je leur lance avec un sourire qu’elles connaissent bien.

- Bonjour Monsieur Peterson, elles répondent toutes en chœur.

Elles sont belles, et elles le savent. Elles sont séduisantes, et elles le savent. Elles me font de l’effet et elles en profitent.

Les salopes. Seulement, si elles savaient… Si elles savaient qu’il n’y en a qu’une. Une… Une seule et unique, celle qui me hante, celle qui me brûle, celle qui me tue.

J’entre dans mon bureau, je referme la porte derrière moi. Je m’approche calmement de mon bureau. Je regarde la pile de dossiers posée dessus. Je regarde l’horloge accrochée au mur droit devant. Mes poings s’écrasent violemment sur le bureau et mes mains viennent renverser toute la paperasse brutalement.

Cette salope ! Celle qui manque à l’appel. Le temps passe, et ils ne l’ont pas retrouvée. Cette salope ! Où est-elle ? Où l’ont-ils emmenée ?! Ces enfoirés. Je les brûlerai un par un… Lentement. Très lentement. Et elle admirera le spectacle. Cette salope… Ma salope. Celle qui me hante, celle qui me brûle, celle qui me tue. Bientôt, tu ne seras qu’à moi.

Bientôt, le pouvoir ne sera qu’à moi.

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17  posté le jeudi 12 juin 2008 11:52

Nisaya

Alors ça y est, elle est là. Elle… On ne parle plus que d’elle. On ne sent plus que son odeur. Comment ont-ils pu la ramener ici ? Son parfum me répugne. Une humaine. Ils ont ramené une humaine dans notre demeure et la traitent comme si elle faisait partie de notre peuple. Pire, ils la traitent encore mieux que cela. Ils la traitent en vrai reine. Comment ont-ils pu ? Comment a-t-il pu ? Le laisser faire une chose aussi insensée. Il ne peut pas être d’accord avec lui, c’est impossible. Pas lui… Pas Neven. Il est forcément contre la présence horripilante de cette chose immonde sous ce toit. Comment peut-il accepter qu’elle respire le même air que nous, elle qui pourrait tout nous prendre en un claquement de doigt ? Pourquoi est-ce qu’il ne la tue pas tout de suite ? Pendant qu’elle dort encore ? Et pourquoi même Nael ne le fait pas ?

Qu’a-t-elle de si spécial, cette garce ? Qu’a-t-elle qui les attire tous autant qu’ils sont ?! Ce n’est qu’une humaine ! Une chose à peine bonne à tuer ! Elle me répugne ! POURQUOI ? Pourquoi les intéresse-t-elle tant ? Elle n’a rien ! Elle n’est rien ! RIEN !

Je m’en chargerai moi-même. J’irai la tuer. J’irai les sauver. Elle les aveugle. C’est une sorcière, voilà tout. Elle les hypnotise. Mais… Que dira Nael ? Que dira Neven ?... Il ne veut pas que je l’approche. C’est pour ton bien, mon Amour. Tant pis si tu ne me regardes plus… Je me tuerai si tu me l’ordonnes. Mais laisse-moi l’achever. Laisse-moi tâcher les murs de son sang. Laisse-moi te libérer d’elle. C’est pour ton bien, mon Amour.

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18  posté le jeudi 12 juin 2008 11:53

Neven

Quelques jours, quelques semaines. Combien de temps cela va durer ? C’est impossible. Cela va déraper. Il y aura forcément un problème quelque part. Une faille. Où ? Qu’est-ce que j’ai oublié ? A quoi je n’ai pas pensé ? Elle… Il faut qu’elle me croie. Il faut que je gagne sa confiance. Sinon, nous sommes perdus. Je suis perdu. J’ai besoin qu’elle accepte. Je suis fou. Je pers la raison. Au secours. Sauve-moi. Je t’en prie, sauve-moi de cette image qui me torture, de cette image de toi. Sauve-moi de ce parfum duquel je n’ai pas le droit de m’enivrer. Je veux y goûter. Rien qu’une fois. Rien qu’une goutte de toi, s’il te plaît… Arrête de me faire attendre. Arrête de me hanter. SORS DE MA TETE ! Je n’en peux plus. DEGAGE ! Je veux être celui que je suis réellement. Tu dictes chacun de mes gestes sans proférer la moindre parole, sans esquisser le moindre sourire. Tu me tortures. Et j’en redemande. Sauve-moi. Sauve-moi, prends-moi, brûle-moi, tue-moi. Rien qu’une seconde, rien qu’une goutte, rien qu’une fois… laisse-moi te parcourir toute entière. Je connais déjà la chaleur de ton corps, la chaleur de ta peau. Laisse-moi la retoucher. Serre-moi. Je suis seul. Je suis fou. Je suis lâche. Je meurs. Tu me tues. Tu me regardes, je t’observe. Tu le sais. Tu me contrôles. Entièrement. Depuis toujours… Depuis ce jour-là. Je t’aime. Je te hais. Ouvre les yeux, offre-moi ton sang, je t’offre ma raison.

ACHEVE-MOI !

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19  posté le jeudi 12 juin 2008 11:54

Nael

Ma langue passe sur mes lèvres pour aller y cueillir quelques dernières traces de sang frais. Je souris. Diaboliquement. Je regarde ses courbes blanches qui contrastent à merveille avec les tapisseries sombres de la pièce. Ses cheveux laissent apparaître une nuque sublime. Appétissante. Je me délecte de son odeur… Elle est parfaite. Je n’ai jamais vu une telle beauté. Je n’ai jamais rien senti de tel. Un sang si pur. Une âme si pure. Parfaite. Parfaite et mienne, entièrement mienne.

Elle dort paisiblement et je m’approche doucement d’elle. Mes doigts dessinent la courbe de ses épaules. Elle a le sang si chaud. J’en ai des frissons dans tout le corps. Des frissons d’envie. Je souris. Egocentriquement. Elle est à moi. La perfection est à moi. A présent, tout m’appartient. Tout. Ce corps est à moi.

Réveille-toi, douce créature. Tu es presque irréelle. Pourtant je te touche. Pourtant tu es là. Réveille-toi, que j’admire tes yeux. Tes yeux qui m’admireront.

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20  posté le jeudi 12 juin 2008 11:56

Nadysen

Que cela ne dégénère pas. Pas tout de suite. Que l’on ait le temps. Que cela ne dégénère pas. Qu’elle ne fasse rien qui nous condamne tous. Qu’elle se taise. Qu’ils se reprennent. A tout prix. Combien de vie cela coûtera-t-il encore ? Combien ? Combien d’innocents périront pour le jeu pervers de ces fous ? Qu’ils ouvrent les yeux ! VITE !

Ou qu’elle nous tue tous.

Vite… Qu’elle libère les fous de leur prison de dérision et d’obsession. Qu’elle se libère elle-même d’un poids trop lourd pour une seule et même personne. Je suis désolé, tu sais. Pour tout ça. Tout ce que tu subis, tout ce que tu engendres, tout ce que tu sais, tout ce que tu ignores. Je suis désolé. Parce que cela ne va pas s’arrêter. Tu vas en souffrir, tu sais. Plus que quiconque. Mais on ne va pas t’écouter, même si tu hurles. Tu es leur chose à présent.

Sois forte.

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